L’année dernière, les procès inéquitables étaient monnaie courante en Azerbaïdjan, en particulier lorsqu’ils étaient motivés par des considérations politiques – dans ce cas, les suspects étaient généralement placés en détention et inculpés sans pouvoir bénéficier des services d’un avocat de leur choix. La police continuait de recourir à la torture et à d’autres mauvais traitements pour extorquer des « aveux », que les juges considéraient ensuite comme des éléments à charge recevables. Les allégations de torture ou d’autres mauvais traitements ne donnaient pas lieu à de véritables enquêtes. Le 25 janvier, le tribunal de Bakou chargé des infractions graves a condamné 18 hommes proches du Mouvement de l’unité musulmane (MUM, d’obédience chiite) de Nardaran à de lourdes peines d’emprisonnement. Leur procès ne s’est pas déroulé conformément aux normes internationales d’équité et a été entaché de nombreuses allégations de torture. Pendant le procès, les prévenus se sont plaints d’avoir été contraints de signer des « aveux » sous la torture. Plusieurs témoins cités par l’accusation ont déclaré que la police les avait menacés pour qu’ils incriminent les prévenus. Ces témoignages obtenus sous la contrainte ont été déclarés recevables par le tribunal et ont été utilisés à charge d’un bout à l’autre de la procédure. Elgiz Garhaman, militant du mouvement de jeunes NIDA, a été condamné à cinq ans et demi d’emprisonnement à l’issue d’un procès non équitable et sur la foi d’accusations d’atteinte à la législation sur les stupéfiants forgées de toutes pièces. Il n’a pas pu consulter un avocat de son choix et a été maintenu au secret pendant sa première semaine de détention. Lors de son procès, il a déclaré au juge que la police l’avait frappé, menacé et humilié pour le contraindre à signer des « aveux ». Le juge a refusé d’ordonner une enquête sur ces allégations, qu’il a rejetées en les affirmant infondées. Des modifications apportées au Code de procédure civile et au Code de procédure administrative sont entrées en vigueur le 1er décembre ; elles excluaient des procès les avocats non membres du barreau azerbaïdjanais.